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Evangelyne 8

Le lendemain.
“- Ève, y'a quelqu'un qui veux te voir, la prévint une élève de quatrième année.
- Un jeune garçon châtain aux yeux marron clair?
- Ouais. Il est mignon.... Qu'est-ce qu'il te veut?
- Aucune idée.”
Sur ce, Ève alla à la rencontre du garçon. Elle se souvint que Oreste avait prononcé son nom devant lui. Il n'avait pas eu de mal à la retrouver. Il l'attendait, à l'entrée du temple.
“ C'est-ce que vous appelez le destin?”
Il rit. Il avait le rire d'un enfant, franc et clair.
“- Je ne crois pas au destin. Les dieux nous ont créés libre.
- Je ne sais toujours pas comment vous vous appelez.
- Tiens! C'est vrai... Je m'appelle Kern.
- Et... pourquoi êtes-vous venu me voir?
- Eh bien voilà... J'espérais pouvoir aller me promener dans les montagnes mais on m'a dit qu'elles étaient un peu dangereuses... Mais on m'a aussi dit que vous aimiez vous y rendre et j'espérais pouvoir vous accompagner.
- Je comprends mieux pourquoi vous avez rompu le dialogue hier soir. Vous ne teniez pas à ce que messire Henry connaisse vos intentions.”
Il rit à nouveau.
Ève aimait l'entendre rire. Sa bonne humeur était communicative.
“C'est entendu, dit-elle. A condition que vous m'appeliez Ève et qu'on se tutoie.
- Ca me semble une très bonne idée.”


Dès lors, ils se retrouvèrent tous les jours et devinrent amis.
Kern était toujours de bonne humeur, très souriant et très détendu. Ses allures désinvoltes était contagieuse et avait un effet apaisant sur le caractère angoissé de la jeune fille.
Celle-ci grandissait en même temps, et devenait plus responsable. Elle semblait sortir d'un rêve et réaliser les lourdes charges qui planaient sur son futur. Pendant que Kern suivait son entraînement, elle, se réinvestissait dans les matières trop longtemps négligées et sur la situation d'Alaedja. Cela lui donnait des bouffées d'angoisses qu'elle partageait avec son ami. Sa situation de future prêtresse d'Elira, suffisait à justifier cette angoisse. Kern l'écoutait attentivement, et finissait par tourner ses propos en dérision. Ève avait été surprise et choqué par cette attitude, au début. Puis, elle avait compris que c'était juste un moyen de faire baisser la pression. Kern était un peu une soupape de sécurité qui lui permettait de se détendre. Maintenant, elle en avait besoin.
Ils s'entraînaient souvent ensemble dans les montagnes. Kern était un excellent bretteur et avait toujours l'avantage sur Ève en combat pur. Mais la montagne était un endroit plein de ressources pour la jeune fille qui les connaissaient parfaitement. Ève courait plus vite que Kern, car elle n'avait pas d'armure pour la ralentir, et elle avait ses flèches et son javelot comme armes de jet. Cela rendait l'affrontement beaucoup plus intéressant.
Ce jour-là, ils étaient allés plus loin du village. Ils voulaient un endroit qu'ils ne connaissaient pas pour rendre le jeu - car pour eux, ils s'agissaient bien de cela -plus intéressant. Le coin était boisé.
Kern laissa Ève prendre un peu d'avance avant de se lancer à se poursuite.
Celle-ci se dissimula dans une faille et attendit. Elle entendit son ami marcher près d'elle. Il piétina un instant au dessus de sa tête, mais reparti. Elle sortit de sa cachette, mais le temps de remonter, Kern avait disparu derrière les arbres.
Contrariée car elle espérait bien en finir rapidement avec une victoire éclatante, elle partit à sa suite. Mais elle n'entendait rien. Elle n'était pas non plus capable de voir les traces de son passage, contrairement à lui. Il devait essayer de la prendre en traître. Elle se retourna et l'aperçut, essayant de se dissimuler derrière un amas de pierre.
Aussitôt, il s'élança vers elle en slalomant entre les arbres. Dans cette configuration, il était impossible à Ève d'utiliser son javelot ou ses flèches.
Elle préféra s'enfuir. Elle pouvait lui échapper. Elle se mit à courir le plus vite possible. Il fallait remonter vers un endroit dégagé. Mais soudain, elle se retrouva en face d'un mur de roche. Il y avait une brèche dans la montagne, et elle était sur la partie inférieure. Impossible de grimper, il fallait descendre.
Elle dévala la pente. Elle entendait le pas de Kern, pas loin derrière elle.
La forêt était de plus en plus dense et de plus en plus sombre, mais Ève ne s'en aperçut pas, toute à son jeu.
Lorsque soudain, elle sentit un projectile la percuter de plein fouet dans l'épaule et la fit tomber...

# Posté le lundi 20 août 2007 03:30

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